#défiécrireàvolonté Jour 20

Consigne : De A à Z

Aujourd’hui, vous allez devoir respecter la consigne du nombre de mots, sinon ce serait trop facile.

Un texte sur le thème de l’invention, vous avez le droit à deux jokers, soit deux néologismes (mots inventés), mais ne commençant pas par la même lettre. Entre 100 et 150 mots MAXIMUM

Vous pouvez décrire un objet existant déjà et parler de son arrivée dans le monde ou carrément, inventer un objet révolutionnaire dans notre monde actuel.

Mais la contrainte est que vous devez utiliser, dans vos textes (et ce par deux fois minimum), des mots commençant par chaque lettre de l’alphabet (deux mots commençants par A, deux mots commençant par B, etc.). Mots de 4 lettres minimum.

La serrure

Julien détestait jouer en heads-up contre Omar. Habile à rehausser la tension à table, il flirtait systématiquement avec le règlement. Et la zététique n’était pas le fort de la croupière Zahia qui, xénophile, buvait les paroles de ce kakou.

Les yeux de son opposant ne quittaient pas la jeune femme et sa prise était ferme sur son whisky. S’il avait braqué un regard lourd sur Julien, il aurait su qu’il bluffait. Était-elle complice ou inattentive ?

« Time ! »

Unique minute pour ultime décision, vraisemblablement kamikaze. Quel gâchis ! Acculé, Julien coucha les dames pour la xième fois et nota, admiratif, la façon dont Omar récolta les fruits de son invention : un niveau de vice au-dessus du fameux New York Back Raise. Zahia rangea le jeu à la carte marquée sans dévoiler s’il s’agissait d’un as, et le tournoi continua en laissant sa volonté déjà trop ébranlée pour gagner le trophée du Winamax Sismix.

#défiécrireàvolonté Jour 19

Consigne: Vol de verbes !

Aujourd’hui, vous allez devoir écrire un texte entre 100 et 300 mots, sous la forme de votre choix (poème, introduction de nouvelle, etc.).

La contrainte est de ne pas utiliser de verbes conjugués. Vous avez le droit aux participes présents et participes passés, et à leur forme adjectivale.

Prêt-es ?

Compte de poker en ligne désactivé

Ordinateur allumé, paré à jouer !

Connexion impossible. Nouvelle tentative.

Connexion impossible. Mot de passe oublié ?

Connexion impossible. Nouveau mail.

Compte désactivé. Zéro dollar restant. Sept cent vingt-trois mille trois cent vingt-sept dollars envolés.

Des battements répétés du cœur à la tempe. Tempe laissant perler une goutte de sueur. Goutte de sueur ou larme égarée ?

Compte à zéro.

Expatrié, exproprié, exposé vulnérable et endetté.

Les joues rougies, les mains tremblantes, les pieds battant le rythme de la fuite imaginée contre celui de la chaise de bureau.

Black Friday, nom historique du 15 avril 2011, qualifiant ironiquement la fermeture de Full Tilt Poker et celle de la carrière de nombreux joueurs de poker internationaux.

Sauver les apparences.

Boire ?

Ou pire.

 

#défiécrireàvolonté Jour 18

Consigne : Enchaînements actifs

Ce défi va vous faire travailler quelque chose qui peut possiblement tuer un texte : les verbes d’état.
Ils s’opposent aux verbes d’action.

On retrouve dans les verbes d’état: apparaître, avoir l’air, demeurer (lorsqu’il exprime une continuité), devenir, être (auquel on peut ajouter : être appelé, être choisi pour, être considéré comme, etc.), paraître, passer pour, rester (lorsqu’il exprime une continuité), s’appeler, s’avérer, se faire, sembler, se montrer, se trouver, tomber (malade, amoureux, etc.).
Lien vers une liste

On a tendance à trop utiliser les verbes d’état donc aujourd’hui sur un thème libre vous allez écrire un texte SANS AUCUN verbe d’état.

Et votre texte devra contenir un enchaînement de cause à effet, appelé aussi « effet domino ». L’action doit donc mener à une autre action.

Entre 150 et 450 mots.

L’inaction en action

Le goût du café de sa mère lui revenait en bouche. Il avait goûté cette boisson corsée lorsqu’il avait dix ans et avait détesté. Il avait alors pris la décision ferme et définitive de ne jamais retenter l’aventure. Aussi, il ne comprenait pas pourquoi les adultes limitaient si souvent la description de leurs moments de répit à « pause café », et en particulier l’attroupement de ses collègues autour de la machine dès que la sonnerie annonçait l’interclasse. Devait-il approcher ? Il reconnaissait l’importance de socialiser au travail, mais ne savait que faire de ses mains.

Julien avança, un peu penaud, et pétrifié à l’intérieur, pour rejoindre la conversation. Il surprit des regards gênés des autres professeurs, et croisa les bras pour ne plus penser à une façon d’occuper ses mains. Il rit en retard à une blague dont il n’avait pas entendu le commencement. Plusieurs fois, il prit une inspiration qui fit tourner la tête de ses interlocuteurs, mais quelqu’un parla avant qu’il ait eu le temps, et surtout le courage, de se lancer. Finalement, la sonnerie retentit une nouvelle fois. Le soulagement qui les envahit rafraichit l’air entre eux. Les adultes si adultes avaient fini leur café, et retournèrent à leur classe, sans un mot pour Julien. Méritait-il d’être ignoré ainsi ? Il pensa que oui. Après tout, il n’avait pas participé à la conversation, il avait juste existé au même endroit et au même moment que celle-ci.

#défiécrireàvolonté Jour 17

Consigne : Nenon c’est pas moi

C’est un défi à double contrainte.

La première qui est à mon avis la plus simple: utiliser les trois objets suivants dans le texte, mais en les utilisant de manière différente de leur usage habituel. Les mots sont horloge, piano, tableau et réfrigérateur.

La deuxième contrainte est une contrainte de son. Nous allons répéter le son « R ». Il faut donc utiliser au moins 60 mots ayant le son « R » à l’intérieur.

Le sujet est libre et le texte doit faire entre 150 et 400 mots.

Bienvenue chez toi !

Les colocataires de Julien étaient au nombre de treize. Allait-ce lui porter bonheur ou au contraire attirer la malchance ? Ni l’un ni l’autre bien sûr, l’ancien professeur de mathématiques et joueur de poker, cartésien, n’est pas superstitieux.

« … Et voilà la grinding room ! C’est ici qu’on se retrouve avec les ordinateurs, principalement pour les tournois. Tu as un bureau libre au bout à droite, sous le bordel de cendriers débordés et cannettes de redbull vides. Bien sûr, il y a la fibre et tu as un branchement filaire possible directement sur le mur. »

Yoann le guidait dans les couloirs de l’immense demeure luxueuse en lui présentant au fur et à mesure ses autres colocataires et les points d’intérêt. Ils allaient passer à la prochaine pièce, mais le regard de Julien s’arrêta sur l’étrange agencement d’une partie de la vaste salle qui comportait des poufs, du faux gazon, une table de pique-nique, et un piano visiblement installé là pour la décoration comme en témoignait une chaîne audio déposée directement sur le siège de l’instrument. C’était autre chose encore qui l’intriguait.

« Pourquoi l’horloge n’est pas à l’heure ?
– Elle est à l’heure de Paris. Certains jouent sur le .fr où le niveau des joueurs est désespérément bas plutôt que d’affronter les Russes et les Allemands. Alors ça leur permet de vérifier si c’est l’heure des fishs, et de changer de room de poker si besoin. »

Julien n’avait pas imaginé rester sur le .fr. Il avait beaucoup fantasmé l’opportunité de rejoindre les tables internationales, et cette information lui donnait matière à réfléchir. Il ne serait plus dépendant d’horaires de bureau maintenant, la liberté avait un goût qu’il peinait à réellement découvrir.

« Attention ! »

En sortant dans le couloir, il faillit heurter un autre habitant des lieux qui transportait deux immenses tableaux.

« Putain ! Tu m’as fait flipper mon gars ! jura-t-il. Ça vaut de l’or ça, c’est un investissement, alors regarde où tu marches !
– Tu investis dans l’art ? demanda Julien, surpris.
– Pas de banque, pas de problème. Mais ne va pas suivre Yoann dans son délire sur le bitcoin hein ! lança-t-il en regardant en biais le guide du jour.
– Je ne sais pas… »

Un silence un peu bizarre basé sur l’absence totale de sens de la répartie de notre z’héros s’installa quelques secondes avant que la visite reprenne en direction de la cuisine qui clôturait ce tour du propriétaire. Julien se retrouva alors seul avec son éternel sac à dos kaki. Il profita de l’occasion pour en sortir un sandwich qu’il voulait réfrigérer pour plus tard. Mais une dernière surprise l’attendait pour lui faire découvrir la raison d’être de l’affichage « raise ton mental » sur le plus grand des deux réfrigérateurs. Celui-ci était tout simplement rempli de redbull dans la portière, de bière dans les bacs légumes, et de bocaux de marijuana à tous les autres étages. Pendant un bref instant, il se posa la question de la pertinence de son expatriation à Chiang Mai, mais écarta bien vite cette désagréable pensée pour la remplacer par l’excitation de vivre enfin la vie sans contraintes dont il avait toujours rêvé.

#défiécrireàvolonté Jour 16

Consigne : Immobilité indéfinie

Aujourd’hui, vu que c’est lundi et que nous sommes encore un pied dans la fin de semaine et les yeux brumeux à la sonnerie du réveil, nous allons parler d’immobilité.

Prenez votre personnage et mettez-le en scène dans l’immobilité. Immobilité de l’avatar, des objets qui l’entourent, du temps, etc. C’est à votre discrétion.

Les contraintes :
– utiliser au moins 7 articles indéfinis (aucun, plusieurs, etc.)
– point de vue omniscient (votre narrateur-trice sait tout, entend tout, etc.)

Texte entre 100 et 400 mots

La popularité s’achète

Il n’y a pas que lorsque l’on contemple la mort que le film de notre vie défile devant nos yeux. Parfois, ça arrive lors d’un battement de cil. Wink. En un clignement, plusieurs heures sont passées. Chaque minute est à la fois longue, détirée, et inexistante dans la chronologie que le cerveau embué par les vapeurs d’alcool essaye de construire. Julien, dans un état presque léthargique, les yeux vitreux, la bouche qui parfois s’active toute seule pour répondre à une question dont il n’a même pas conscience, contemple le vide qui sépare les danseurs et les silences entre les beats de la musique trop forte. Tellement de vide. Certains de ses colocs ont trouvé une partenaire et s’activent à jeter des ponts dans le vide qui les séparent. Wink. Le temps de cligner des yeux n’est pas suffisant pour que les vides se remplissent. Et Julien contemple l’immobilité entre chaque mouvement visant à se rapprocher, entre chaque baht dépensé, entre chaque shot afonné. La distance est chaque fois divisée, le vide reste toujours strictement supérieur à zéro. Wink. Une ou plusieurs filles l’ont approché. Il est difficile de les différencier dans la pénombre et dans cet état d’ivresse. Il sait qu’elle•s contemple•nt surement la profondeur de son portefeuille au fur et à mesure que les bouteilles vides s’alignent sur la table. À moins qu’elle•s ne le trouve beau. L’ivresse choisit le raisonnement le plus plaisant. Julien ressort donc son portefeuille pour fièrement afficher une partie de ses gains de joueur de poker professionnel. Pourvu qu’elles ne soient pas jalouses, dans le cas où elles seraient plusieurs.

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