#défiécrireàvolonté Jour 15

Consigne : Elles ont du style, ces rhétoriques !

Alors ici on va mélanger figures de style et figures de rhétorique. Et les gagnantes sont le zeugma et la métonymie. Attendez je vais vous expliquer ces mots tout droit sortis des enfers.

Le zeugma consiste à coordonner des éléments qui sont normalement incompatibles syntaxiquement ou sémantiquement. On associe souvent un élément concret et un élément abstrait.
Ex.: il était vêtu d’un manteau et d’amabilité.
Elle sortit de son sac ses clés et son sourire le plus radieux.

La métonymie, elle permet de désigner quelque chose en utilisant un autre mot que celui qui convient, comme une partie pour le tout (une lame pour désigner une épée, rejoindre son oreiller pour aller au lit), une relation de cause à effet (boire la mort pour boire du poison) ou le contenant du contenu (manger son assiette, boire un verre).

Donc à vous de faire un texte avec pour thème la nourriture ou le voyage contenant au moins 4 zeugmes et 3 métonymies. Texte entre 150 et 400 mots.

Vous vous sentez d’attaque? Alors c’est à vous! Étonnez-nous.

Premiers pas dans de vieilles habitudes

Julien n’avait pas un look de touriste. Il portait son habit du dimanche. Et je ne parle pas du dimanche pieux, mais du dimanche un peu plus « luv », du dimanche pluvieux. Celui qui ne se vit pas hors de son jogging et rarement loin de son oreiller. C’est vêtu d’un pantalon confortable, de vieilles baskets, d’un hoodie brandé « Poker-Geek », et de sa détermination à changer de vie qu’il tendit son passeport au douanier qui l’attendait à la sortie de l’avion.

Au premier pas à l’extérieur, il fut saisi à la gorge par une bouffée de chaleur qui contrastait avec la grisaille parisienne qu’il avait quittée quelques heures plus tôt. L’air vicié du RER B fut vite remplacé dans ses poumons par le souffle humide et exotique de la Thaïlande. C’était à la fois inconfortable pour le corps et rafraichissant pour l’esprit. Il l’avait fait. Il avait quitté son emploi, ses attaches, sa zone de confort. Un taxi l’emmenait vers une grind house, villa occupée par un groupe de joueurs de poker, et vers son destin.

La réalisation de la distance qui séparait son ancien appartement et son nouveau quotidien ne viendrait que plus tard. Son premier geste en arrivant serait d’ouvrir ses tables de poker en ligne et refermer sa bulle. Bonjour zone de confort, tu m’avais manqué.

#défiécrireàvolonté Jour 14

Consigne : suivre à la lettre. Savez-vous ce qu’est un lipogramme ? Cette jolie figure de style est celle qui exclut dans un texte une lettre de l’alphabet. Donc aujourd’hui, écrivez un texte de style science-fiction en excluant LES lettres « i » et « c ». Entre 250 et 500 mots. Allez I C la grand voile et affrontez la tempête !

D’après la légende, l’élue pourra transgresser toute règle du système

Je me rends vers le grand jour armée de mon amour, de ma volonté de me forger un futur nouveau, de mon dévouement pour les personnes les plus fondamentales pour la santé de mon âme. Des fleurs pavent ma route. Elles ne fanent pas. Elles démontrent mon bonheur, promptement dérobées aux regards lorsque mon pas les dépasse, et révélées dans toute leur beauté le moment d’après.

Je lève les yeux : d’abord lentement, effleurant la foule rassemblée pour nous, et plus sûrement, plus bravement, empruntant un aplomb dans l’extase amoureuse de ma future femme, transportée de bonheur à la pensée naturelle qu’elle sera mon havre, mon refuge, mon foyer, dès que nos voeux auront été gravés sur les serveurs des septante personnes groupées devant nous.

Nous sommes deux épouses, abandonnant leurs réserves, pour un amour absolu, partagé et pourtant sans retour. Septante âmes ont observé une entorse aux règles du jeu. Septante âmes partagent une entente pour protéger les deux amantes de la fureur mal fondée des oppresseurs se voyant défenseurs de la morale du monde fabuleux. Septante âmes joueront leur rôle : septante bugs du redoutable système sourd à l’appel des sens à la tendresse.

Alors la règle morale évoluera. La morale n’est pas paralysée : elle est toujours en mouvement, selon les débats, selon les événements, selon les révoltes. Nous portons en nous le futur que nous voulons. Trouvons-le dans notre nature, tel un vêtement révélé dans une étoffe brute. Adoptons-le dans le réel. Soyons sans attendre le monde dont nous rêvons, en embrassant dans le présent notre don de goûter à notre fantasme dans tous nos sens juste en fermant les yeux. Et téléversons dans le jeu un mod perturbant le système global pour permettre à notre amour absurde des autres êtres d’y régner.

#défiécrireàvolonté Jour 13

Consigne : c’est votre jour de chance.

Voici une prémisse, à vous d’écrire la suite : Votre personnage vient de vivre son premier obstacle.

« C’était sa chance, cet instant que l’on attendait plus, mais qui arrivait à point nommé. Rien ne laissait présager cette lumière au bout du tunnel et c’était avec l’espoir en poche que l’avenir pouvait de nouveau s’envisager. »

Statistiques et probabilités

« Mais monsieur, moi je veux pas être prof de maths alors ça me sert à rien. »

La classe rigole. Les lèvres de Julien se pincent et ne forment plus qu’une ligne. D’un geste un peu brusque, parce qu’il retient un tremblement, il dépose la copie du mauvais élève sur le coin de sa table et se retourne soudainement pour traverser dans le sens inverse et à grands pas la salle de classe.

« Vous voulez du concret ? Interro surprise pour tout le monde ! Vous pourrez remercier Loïc ! »

Il fait volontairement crisser la craie sur le tableau noir en improvisant un exercice. Il connait les chiffres. Il connait l’histoire. Il énonce à voix haute en même temps qu’il écrit.

« Gollum ne veut pas être prof de maths. Et comme Gollum n’a pas de travail, il s’ennuie toute la journée. Gollum a 50 € sur lui qu’il décide de dépenser pour s’amuser. Deux choix s’offrent à lui : il peut acheter 25 grilles de loto à 2 €, ou bien aller au casino pour jouer à la roulette et mettre tout sur le rouge. Sachant qu’en moyenne, on perd 1,24 € par grille de loto achetée, qu’il y a 37 numéros sur la roulette, que le casino double la mise lorsque le rouge sort, et qu’on perd tout quand c’est le noir ou le 0 qui sort, dans quel cas l’espérance de gain est-elle maximale ? Comment les notions de variance et écart-type peuvent-elles influencer le choix de Gollum ? »

C’est la variance ma pauvre Lucette

La notion de gestion de bankroll¹ est importante dans ces cas-là. Julien le sait, et Julien en a marre d’être prof de maths. Il est en bad run depuis un mois. Mathématiquement, ça veut dire que la variance est contre lui. Que ses gains effectifs au poker sont en dessous de son espérance de gain. Il a beau analyser ses mains jouées encore et encore, il ne peut que constater qu’il a pris toutes les bonnes décisions. Et pourtant, la courbe de son espérance de gain sur les 200 000 mains jouées aux tables de poker le mois dernier s’envole alors que sa courbe de gains dégringole. Sa bankroll est au plus bas. Avoir une bonne gestion de bankroll c’est prendre en considération le facteur chance, la variance, pour ne pas investir plus d’un certain pourcentage des fonds disponibles dans chaque partie. Ça permet de ne pas faire faillite au moindre mauvais coup.

Voilà pourquoi Gollum, au chômage, ferait mieux de jouer au loto, même si l’espérance de gain y est meilleure à la roulette : il ne peut pas encaisser la variance si ça se passe mal au casino.

Tant pis.

Julien ouvre sa salle de poker en ligne et s’inscrit à un tournoi High-Roller avec l’intégralité de sa bankroll restante.

La case chance

Rapidement, Julien est chipleader² du tournoi. Il gagne tous ses flips³. Il roule sur les tables, joue agressif même à la bulle pour mettre la pression aux joueurs qui n’auront bientôt plus le choix de partir à tapis. Il sait qu’il est en tilt. S’inscrire à ce tournoi n’était pas une bonne décision et sa chance l’a porté jusque-là.

Pause.

Le tournoi est en pause pour cinq minutes. Julien en profite pour faire défiler les statistiques des joueurs à sa table et du tournoi. La bulle vient de sauter, tous les joueurs restants sont donc gagnants, et il est encore là, des cartes lui seront distribuées dans quelques minutes. Et si ? Et s’il n’était pas obligé de rester en tilt, et s’il revenait à des décisions rationnelles ? Et s’il faisait ça maintenant ? Il active un minuteur, ferme les yeux et prend trois grandes respirations. Il se met à l’écoute de son corps. C’est comme si sa tête surchauffait. C’est comme s’il y avait une boule dure à l’intérieur de son ventre. Julien visualise une lumière douce et dorée qui l’envahit au rythme de sa respiration, rafraichissant son cerveau, dénouant le noeud dans son ventre. Ça fait déjà plusieurs heures qu’il joue sur ce tournoi et il en a encore pour plusieurs heures parce qu’il est déterminé à gagner. Il sent quelque chose se débloquer en lui, et visualise le flot d’or liquide circuler librement à travers tout son corps. Il sait qu’il est prêt, prêt à jouer son A-Game, quand son minuteur sonne et que le croupier virtuel distribue les premières cartes de la reprise à une vitesse inatteignable par les humains qui animent les tables de casino dans la vie réelle.

Quelques heures plus tard, Julien refuse le deal proposé par l’autre joueur ou joueuse. Il sait que l’importance de son tapis et son image agressive depuis le début de la table finale lui confèrent un avantage non négligeable dans ce tête-à-tête final. Il ne veut pas partager les gains. À ce stade, il se fiche de l’argent, il veut surtout surpasser intellectuellement un•e autre génie du poker. C’est sa chance.

Et il perd le coup suivant. En jouant sur son image agressive, il a tenté d’attraper son adversaire avec une belle main faite, mais celui•celle-ci était sur un tirage par le ventre avec une paire inférieure et a touché sa fichue carte. Envolé l’avantage du gros tas de jetons. Les coups suivants se succèdent sans voir beaucoup de changement dans l’équilibre des tapis. Les blindes montent petit à petit. Il est déjà quatre heures du matin et ils n’ont plus qu’une vingtaine de blindes chacun, il va être temps de mettre tout au milieu.

As-Roi. Le cœur de Julien s’arrête. C’est la main du coin-flip par excellence. Relance, surrelance, pas le choix : tapis. Payé et c’est parti. Son adversaire retourne une paire de dames. Ça ne lui enlève pas de carte, mais c’est un vrai 50/50. Le flop apparait à l’écran : 5-Dame-3.

« ARGH ! »

Julien a crié en faisant pivoter son siège de bureau pour tourner le dos à l’écran. Un flot de colère est sorti brutalement avec ce cri qui venait des tripes sans aucune considération pour le voisinage. Il a perdu son flip. Un coup de malchance qui vient rééquilibrer son karma si maltraité par sa décision de payer son entrée dans ce tournoi. C’est bien fait pour lui en fait. Il mérite de perdre. Bien sûr quand on parle de perdre on parle de gagner quand même 12 450 € pour la deuxième place, mais pour lui la défaite dans ce heads-up est bien plus cuisante que s’il était sorti dès le premier niveau, perdant alors l’intégralité de sa bankroll restante. C’est un échec à prouver à lui-même et à ce•tte joueur•se inconnu•e, mais visiblement brillant•e la supériorité de son intellect.

Un son de feu d’artifice sort de ses haut-parleurs. Le son d’une victoire à un tournoi. Incrédule, Julien se retourne et regarde le flop : 5-Dame-3-10-Valet. Quinte. Il a une quinte. Et remporte le gros lot, 18 000 €, et son estime de lui.

 

¹ Les fonds dédiés au poker
² Le joueur avec le plus de jetons dans le tournoi à un moment donné
³ Abréviation de coin flip, jeu de pile ou face, il s’agit en poker des coups dont la probabilité de gagner ou perdre la main est d’environ 50%

#défiécrireàvolonté Jour 12

Consigne : objets censurés.

Voici des objets :

    • ciseaux
    • scotch tape
    • bracelet en perles
    • purex
    • livre
    • crayola
    • clefs
    • feuille de papier
    • pull over
    • montre
    • agenda papier
    • stylo bic
    • cadre photo vide

Ce sont les seuls que vous avez le droit d’utiliser. Choisissez-en un et érotisez-le !
Attention, ça ne veut pas dire de l’intégrer dans une scène coquine, que nenni ! C’est l’objet votre personnage principal, c’est donc lui qui possède le potentiel érotique. Pas d’autres personne ou objet dans la scène, évidemment.

Amusez-vous bien et ne faites pas trop de bêtises avec vos objets. 

Rangez-vous sur le côté

Deux aiguilles dansent dans un cliquetis de plus en plus rapide. Le fil de laine devient boucle, s’entortille autour de ces aiguilles pour participer au premier acte d’un élégant ballet aérien, et s’enfile en lui-même accompagné de ses partenaires. Une brève pause leur laisse le temps de reprendre leur souffle lorsqu’une des aiguilles, comblée, se retire. Si brève pause. L’acte deux les remet tous trois en branle, et le fil de laine n’en peut plus de passer d’une aiguille à l’autre, tantôt détiré, tantôt recroquevillé. Il sait qu’il aura bientôt épuisé sa longueur. Il en tremble d’excitation, et l’appréhende à la fois. A la fin de l’acte trois, il devra dire adieu à ses deux belles partenaires, si fines et si féminines, si expérimentées aussi : elles en ont vu d’autres avant lui. Une nouvelle vie s’ouvrira à lui. Plus jamais roulé en position foetale dans un film plastique, mais porté avec fierté, exposé à tous, enfilé et retiré chaque jour, un souvenir ardent imprégnant chacune de ses mailles, chacun de ses points, à l’endroit comme à l’envers, il frotte désormais délicieusement la peau, sa nouvelle partenaire.

#défiécrireàvolonté Jour 11

Consigne : colorez-vous !

Vous allez choisir un couleur et vous allez la décrire sans jamais la nommer. Vous allez raconter son histoire. Et les autres vous aurez pour défi de trouver la couleur que vos coéquipier-es auront décrite.

Vous avez le droit de choisir des couleurs type rvb ou des nuances (turquoise, violet, orange, etc.), mais il faut quand même que ça reste accessible (donc pas de lavande, moutarde ou autre).

J’ai essayé d’attraper une couleur pour te la décrire

Jette un oeil par la fenêtre, tu la verras partout. Cette couleur omniprésente, et pourtant si difficile à reproduire. Crois-moi : j’ai essayé de m’en faire une robe. J’ai essayé de l’attraper dans la mer, mais elle me filait entre les doigts, et je me suis retrouvée trempée, à peine plus foncée, et encore : ça a vite séché tellement elle était présente et visible. J’étais inchangée. J’en ai trouvé sous forme de baie dans la forêt. J’en ai ramassé un plein panier et les ai écrasées une à une, mais je ne parvenais qu’à teindre la table et mes doigts de violet. Encore raté ! C’est en constatant l’échec sur mes mains colorées que je l’ai vu. Une petite cordelette de la couleur tant convoitée courait sous ma peau, reliant mon poignet et le creux de mon coude. Alors, profitant de cette dernière chance, j’ai pris un couteau, et j’ai tranché, coupé, charcuté. J’ai essayé de l’attraper, mais une fois ouvert le petit tuyau, peu importe où le couteau frappait, ce n’était que du rouge qui en sortait. La couleur et la vie me filaient entre les doigts. Jusqu’à ce que je me sente partir, d’abord loin mais toujours ici, puis avec le fracas d’une bulle qui éclate, j’ai glissé hors de mon corps, tout doucement. J’ai baissé les yeux vers cet amas de chair en charpie, puis j’ai coupé le lien et me suis envolée, loin au milieu de cette douce couleur qui m’avait toujours appelée. Me voilà donc parée de ma belle robe, de la teinte dont j’avais rêvé, observant le monde et me laissant observer, admirer, par toutes les paires d’yeux du monde entier.

 

#défiécrireàvolonté Jour 10

Consigne : Aujourd’hui c’est un défi photo. Vous devez prendre une photo de votre endroit préféré pour écrire actuellement.
Êtes-vous plutôt bureau ? café ? parc ? table de la cuisine ? Bref, on veut voir un petit bout de votre univers d’auteur-e.

Mon coin à moi

Mon bureau

#défiécrireàvolonté Jour 9

Consigne : En avant la musique !

Aujourd’hui vous allez écrire l’introduction de votre histoire. En prose ou en vers, comme vous le souhaitez.

La situation initiale permet au-à la lecteur-trice de s’imprégner de votre univers, de découvrir les éléments importants de votre personnage, de répondre de manière plus ou moins subtilement aux 5P.

Par contre, je ne vais pas vous rendre la tâche facile car vous devrez suivre le rythme de la chanson que vous avez choisie !
Au niveau du rythme de la scène, mais aussi de la construction de vos phrases (rythme rapide= phrases courtes par exemple).

Amusez-vous et tapez la mesure !

Intro

L’alarme du réveil sonne. Les yeux de Julien sont déjà ouverts depuis plusieurs minutes, fixés sur le plafond. Il clique sur le bouton « snooze » pour le principe. Comme tous les matins, sa routine commence par faire glisser son regard le long des petites fissures qui brisent la monotonie de la peinture blanche. Il s’arrête. Est-ce que cette tâche était-là avant ? Il croit la voir bouger. Est-ce que c’est une araignée ? Tous les matins son attention finit par s’accrocher sur une tâche, et tous les matins, il se demande si c’est une araignée. C’est sûr, la tâche a bougé, ce n’est pas la même que d’habitude. Il attrape ses lunettes et les essuie un coup puis les pose sur son nez. C’est une tâche. La tâche. Elle est juste plus près de la fenêtre que dans son souvenir. Comme tous les matins. Ouf. En essuyant ses lunettes, il n’a pas retiré toutes les traces, et a déplacé une petite poussière. Il la voit quand il regarde vers la gauche. Il tique. Son oeil gauche fixe la poussière, son oeil droit regarde dans le vide. Il souffle de la buée sur le verre et essuie à nouveau ses lunettes avec un coin de sa housse de couette. La poussière est sur le bas de la lunette et le gène toujours. Cette fois il se lève pour prendre une lingette à usage unique qui sert à nettoyer les ordinateurs. Son bureau est juste à côté de son lit, c’est pratique. Pratique bien que ce ne soit pas un choix quand on habite dans l’exiguïté des appartements franciliens. Voilà. Son regard est clair, il a éliminé chaque tâche une à une, c’est-à-dire la première tâche de sa routine. La journée de ce prof de maths tellement différent qu’il croit être trop comme les autres peut commencer.

#défiécrireàvolonté Jour 8

Consigne : « Enmusiquez »-vous !
Aujourd’hui, on lâche crayon et ordinateur !
Vous avez choisi votre personnage et mis en place la base de votre histoire ! Eh bien, aujourd’hui, vous allez y rattacher une musique !
Quelle est l’ambiance de votre histoire ?
Postez ici le lien youtube de votre musique pour que nous puissions tous profiter de l’univers sonore de votre histoire !

Let’s get more money. Remember when we had no money?

#défiécrireàvolonté Jour 7

Consigne : Ahhhh, on m’attaque ! Vous pouvez utiliser votre personnage ou vous-même. À l’instant où vous êtes, quel est le premier objet à votre droite (pour les droitiers) ? Ou à votre gauche (pour les gauchers) ? (Les ambidextres, vous devez prendre l’objet devant vous, non non pas de choix pour vous haha). Notez-le ! Pitch de départ : Vous ou votre personnage êtes tranquilles chez vous à faire une activité quotidienne. Soudain, quelqu’un vous attaque par derrière et l’objet que vous avez noté est votre seule arme. Racontez ! Minimum 250 mots !

Esprit, es-tu là ?

Il paraît que certaines pierres se connectent à nos chakras pour les rééquilibrer énergétiquement. Que de charabia. Du moins c’est ce que je croyais. Jusqu’à ce que je sente une présence dans la chambre.

Il n’y avait personne et je n’étais pourtant pas seule. Les poils de mes bras se hérissèrent et un frisson, comme un courant d’air frais sur de la sueur froide, me pourcouru la colonne vertébrale tandis que je renforçai ma prise sur le fer à repasser. Je me retournai soudainement, fer à repasser en avant… Mais celui-ci m’échappa, retenu en arrière par le fil électrique qui se tendit mais tenu bon à la prise. L’appareil tombait dans un fracas et se brisait, répendant de l’eau partout en un grésillement. J’arrachai rapidement le branchement à la prise et m’éloignait vivement de la flaque avant de lever à nouveau les yeux.

Personne. Je me sentais ridicule et pourtant mes genoux continuaient de claquer. Je le sentais. Je sentais sa présence.

La douche se mit à couler brièvement, me faisant sursauter. Ça arrivait parfois. J’avais pris une douche plus tôt dans la journée et un peu d’eau était probablement restée dans le pommeau. Ils utilisent l’eau. Je le sais. Mais je refuse de croire à leur existence.

Me voici maintenant explorant la salle de bain avec prudence. Je me sens nue sans mon fer à repasser. Ou tout autre arme d’ailleurs. Je fais rouler mon bracelet de pierres sur mon poignet distraitement tout en examinant le pommeau de la douche. Tiens, la pierre rouge est lumineuse, si belle. Je cesse mon activité pour la regarder, fascinée.

Elle brille intensément et en la regardant je sens comme un feu en moi qui m’enracine dans le sol. C’est rigolo, je suis comme un ent de Tolkien : même en levant les pieds je sens ces racines fortes qui puisent leur énergie au centre de la Terre.

La pierre orange s’allume alors et je sens ce feu remonter dans mon ventre et devenir douceur. La confiance que je ressens alors me donne envie de tenter d’aller plus loin dans l’expérience et je fais remonter ces picotements plus haut.

Je vois la lumière jaune de la citrine du bracelet s’étendre à partir de ce que je perçois comme le centre de mon corps. Juste sur le plexus solaire. J’ai un petit éclair de peur dû à la surprise mais je le balaye en un clin d’oeil : je me sens trop bien, ce qui se passe est juste.

C’est au tour de la pierre verte de s’allumer et je sens mon cœur battre à la chamade.

Puis la turquoise se met à onduler et j’ose demander :

« Qui est-là ? »

Le lapi-lazuli se met à tourner à toute vitesse et alors je la vois. Car oui c’est une elle. Elle ne savait pas comment attirer mon attention autrement qu’en m’attaquant. Et est douleur, elle est douceur, par empathie je me fais emporter, elle veut que je fasse ce qu’elle n’a pas eu le temps de faire, mais je ne veux pas lui laisser ma place.

Alors l’améthyste se met à rayonner, d’un rayon violet perçant et transmutteur. Je l’utilise comme un double ascenceur pour séparer douleur et douceur. Renvoyer la douleur à la Terre, emporter la douceur dans un cocon de nuage. Tout va bien se passer, tu es en sécurité.

Soulagement. La solitude ne me réussit pas, je vais prendre une douche pour me changer les idées.

« Esprit, es-tu là ? »

La douche répond en coulant brièvement et je choisis de garder mon bracelet au poignet avant d’y entrer nue.

#défiécrireàvolonté Jour 6

Consigne : se laisser aller. Vous pouvez le faire en musique, si vous le souhaitez.
Vous allez prendre une feuille et un crayon et j’insiste sur ces outils. En effet, le résultat n’est pas efficace sur ordinateur. Mettez un timer de 15 ou 20 min qui sonne. Surtout pour les plus sensibles d’entre vous.
Vous allez écrire un texte en écriture automatique. C’est une pratique d’écriture inconsciente, qui permet de laisser la créativité vous guider totalement.
On entend souvent ce terme en spiritisme, mais ce n’est pas l’optique de cet exercice.
Vous allez essayer de faire le vide dans votre tête puis inspirer 2 ou 3 fois profondément puis stabiliser votre respiration. Vous pouvez également écouter les battements de votre coeur et vous concentrer dessus.
Normalement, des mots et des images vont apparaître, laisser votre main se guider seule. Peu importe, si vous écrivez droit ou pas, si ce sont plus des formes que des mots qui apparaissent sur votre feuille. N’essayez pas de construire des phrases. Arrêtez quand le timer sonne.
Prenez encore quelques longues respirations, car vous allez sûrement vous sentir un peu groggy.
Pourquoi cet exercice qui ressemble presque à une méditation ? Cet exercice est un exercice de déblocage. On l’utilise quand on a le syndrome de la page blanche. Si vous êtes plus sensible, vous pouvez le limiter à 10 min et demander à quelqu’un d’être présent. Il peut être très libérateur mais également éprouvant.

Recto

Verso

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